Qui d’entre nous n’a pas été victime de son emprise si dévastatrice ? La peur avait avant des vertus salvatrices, elle permettait à l’homme de survivre dans des conditions hostiles. C’est le cerveau reptilien qui en est le commanditaire, il ordonnait d’attaquer ou de fuir, mais aujourd’hui les données sont différentes car seulement dix pour cent de nos peurs sont vraiment légitimes, le reste est de l’information qui n’est pas agréable certes, mais elle est déclenchée par nos perceptions de la réalité.
Hélas, elle est la principale cause du vaginisme. Quand je pose la question à des femmes en leur demandant à votre avis, qu’est-ce qui a causé votre vaginisme ? Les réponses sont diverses mais ce qui revient souvent c’est la peur panique de la pénétration ; elles n’arrivent pas à imaginer ni à accepter qu’un objet aussi énorme qu’un pénis puisse se frayer un chemin dans un trou si fermé et fragile que le vagin ! Pour elles c’est tout simplement inconcevable. Alors qu’il s’agit de vision complètement fausse concernant le coït ; il y a aussi un changement de la réalité des choses : vagin totalement fermé contre un pénis gigantesque ajoutant à cela des femmes qui pensent que leur hymen est un obstacle infranchissable qui barre
totalement l’entrée de leur vagin. Le résultat normal pour les vaginiques ayant ces images en tête est qu’elles contractent les muscles pelviens de façon involontaire.
Pour les Maghrébines, les réponses tournaient surtout autour de la première fois. Dans la culture arabe, l’hymen est sacralisé, beaucoup d’entre elles pensent qu’il va se déchirer, exploser qu’il y aura du sang par conséquent la douleur sera insurmontable !
Ces images d’une première pénétration horrible sont renforcées par l’entourage ; des femmes qui se marient et partagent la souffrance inouïe de leur nuit de noces et sont hélas assez généreuses dans l’utilisation des termes d’horreur, chose qui renforce l’idée bien ancrée que le sexe est la source de douleur par excellence, le désir et le plaisir ne sont jamais au rendez-vous surtout pour décrire la première fois et si c’est le cas , c’est trop tard, car la terreur est déjà bien installée et n’a guère l’intention d’être détrônée si vite!
La peur est là quand on sent qu’une situation nous échappe. La base c’était dans des cas de combat, de menace. Une fois confrontés à cette sensation, automatiquement nous avons une libération d’adrénaline et une accélération du rythme cardiaque avec une respiration plus saccadée et une raideur musculaire pour se préparer ou bien à la fuite ou à l’affrontement qui sont des réactions ancrées dans nos cellules. Pour la femme vaginique, le coït est une menace et le cerveau se met en mode combat donc il y a libération d’adrénaline et nos glandes surrénales vont produire la même chose ainsi que du cortisol qui est nocif pour beaucoup de nos organes.
La catégorie de femmes ayant à subir cette peur diffère selon le couple quand le partenaire est compréhensif, une sexualité de surface s’installe, il ne lui met aucune pression. Il peut être doux avec elle et leur vie sexuelle peut s’avérer assez active, mais toujours en surface aucune pénétration n’est envisagée et une sorte de routine s’installe. Le souci dans ce genre de cas, c’est que les années passent vite et la situation ne s’améliore guère. C’est le sentiment de culpabilité sexuelle ou bien l’envie d’avoir un enfant qui pousse la personne à chercher des solutions au vaginisme.
Je tiens à préciser une chose, que bon nombre de femmes que j’ai accompagnées ont pu avoir des enfants et le problème était encore là ! Elles ont pu utiliser différentes méthodes : soit elles ont pu laisser passer le gland et l’éjaculation à l’entrée du vagin a permis de féconder l’œuf, soit la méthode de la pipette ou bien l’envie de devenir maman était si grande qu’elles ont dû dominer leur peur pour une fois. J’avais une coachée Salima qui a réussi à avoir deux enfants avec une seule pénétration pour avoir chacun d’eux. Je la taquinais souvent à ce sujet, c’est comme si elle donnait l’ordre à son vagin : allons ouvre-toi, nous allons tomber enceinte ce soir ! Le miracle avec cette personne c’est que pour les deux uniques pénétrations, elle arrivait à tomber enceinte, une vraie énigme !
Beaucoup de personnes se posent la question comment une femme qui n’arrive pas à laisser passer un simple pénis peut accoucher par voie basse ? Il y a une explication à cela : une vaginique a un blocage concernant ce qui entre en elle pas ce qui en sort. Certaines d’entre elles à qui j’ai posé la question m’ont répondu que c’est ma petite merveille, mon bébé est un cadeau du ciel et je ferai tout pour l’aider à cheminer vers la vie ! La gestion des douleurs d’un accouchement demande une force phénoménale et elles arrivent à la dépasser, mais pas une pénétration. Le mystère de nos perceptions est insondable !
L’autre catégorie de femme vaginique est avec des maris qui leur mettent beaucoup de pressions et leur donnent tout le temps le sentiment d’être des moins que rien ; ce sont des personnes détruites, sous l’emprise de la peur au quotidien, les dégâts corporels et psychologiques sont au-delà de toute description, elles vivent des ultimatums : soit tu guéris, soit on divorce !
Le vaginisme à lui seul est une grande pression, quand le partenaire en rajoute non seulement la guérison devient impossible, mais les répercussions sur la santé physique et psychologique sont vraiment énormes!
Cette pathologie est là pour nous faire grandir, c’est une épreuve pour la femme et pour le couple. Imaginons que la personne fournit des efforts pour guérir et son partenaire veut la quitter malgré tout, c’est qu’elle n’a pas été avec le bon compagnon. Mais si son homme est patient, elle ne doit pas abuser, elle doit bouger et essayer de trouver des solutions pour ne pas condamner leur sexualité à deux. Dans un autre cas de figure, supposant qu’un jour ce partenaire doux se révolte, surtout si elle ne fait rien pour changer la situation, elle n’a pas vraiment à le blâmer.
Toutes les religions s’accordent sur un point, quand on est en couple c’est pour le meilleur et pour le pire, cela veut dire qu’ils doivent se soutenir dans toutes les épreuves. Quand ce n’est pas une personne adéquate, le vaginisme ou toute autre difficulté peut détruire la relation parce qu’elle n’a pas été solide à la base. La femme doit guérir du vaginisme pour elle-même avant tout, c’est son combat et ses propres démons qu’elle doit chasser pour être libre dans son corps et avancer sereinement dans sa vie.
Quand j’accompagne des vaginiques, l’un des exercices phares que je leur donne est de déterminer pourquoi elles ont la phobie de la pénétration. On essaie de creuser pour voir comment cette terreur se manifeste et de travailler en profondeur pour déterminer l’origine de ses craintes, les écouter, car c’est un besoin fondamental, les calmer puis à la fin je donne un exercice de lettre de rupture avec ses peurs sexuelles.
Voici un exemple de lettre puisque c’est très important pour le côté psychologique d’exprimer tout ce qu’on ressent sur du papier, cela permet symboliquement d’extérioriser nos frayeurs pour avoir le recul nécessaire afin de les vaincre.
L’exercice est le suivant : Tu vas lire la lettre prendre le temps de voir l’effet qu’elle a sur toi et même noter à tête reposée tout ce que tu as éprouvé. Dans un deuxième temps, tu vas écrire ta propre rédaction avec tes propres mots et à chaque fois la relire pour bien ancrer ses principes dans ta tête et dans ton esprit. Si jamais les vieilles idées reviennent, tu les écoutes, tu acceptes leur présence, tu revois ta production et tu demandes gentiment aux pensées noires de déguerpir, car tu as installé une nouvelle réalité dans ta vie.
Exemple de lettre :
Peurs ! Nos relations ont assez duré comme ça ! Tu as emprisonné ma vie sexuelle, tu as fermé la beauté des possibilités infinies en installant dans mon subconscient la peur de la pénétration. Tu as frayé ton chemin dans mon esprit en me faisant croire que si le pénis entre en moi j’aurai tellement mal, je vais peut-être en mourir ! Quel mensonge ! Je t’ai cru et mes muscles se sont contractés. Tu as été si maligne. Au début c’était des chuchotements : ça fait maaal!!!!!!!!!!! Puis des images qui décrivent un tableau irréel plein de sang et de douleur a commencé à se dessiner de plus en plus claires devant moi. Tu t’es payé ma tête. Je me suis fermé et ma féminité en a pris un sacré coup. Tu as continué avec patience ton travail de manipulation, le vagin est trop serré, c’est si petit comment un monstre tel que le pénis peut faire une intrusion dans ce petit espace ? C’est illogique ! Encore une fois je t’ai cru. Mais comment à ton avis le bébé peut passer par ce même espace que tu as osé décrire comme étant si étroit ? Mon vagin m’appartient. Tu disais noir, serré, obscure, plein d’embuches. Tu semais le doute, tu parlais de petites tailles, d’hymen comme gardien interdisant l’exploration de cet organe magique. Mais c’est fini tout ça ! J’ai pu voir la réalité en face. Un vagin c’est beau, vaste, élastique, lumineux, capable de laisser passer la vie, capable d’accueillir le pénis avec un plaisir infini, capable de s’ouvrir telle une fleur pour cueillir le doux fruit du plaisir des orgasmes à répétition !
Je suis la fille d’une étreinte amoureuse, je suis venue sur terre en passant par ce beau tunnel du désir, j’ai fait une course effrénée pour aller féconder l’œuf, j’ai gagné ma place sur terre, j’ai envie de donner la vie à mon tour, de jouir, de profiter ! Je sais que toi la peur tu as cru me protéger. Mais ton P E U R veut dire que tu es une Perception Erronée d’Une Réalité. Aujourd’hui, je vais corriger cette erreur. Je remplace douleur par plaisir, serré par vaste, noir par lumineux, doute par certitude. Toi la peur je te pardonne et je vais t’éclipser sous la force du désir. Dieu est amour je suis venue sur terre grâce à lui. Je te laisse derrière moi et je m’ouvre pour enfin accueillir le pénis je soupire d’aise en imaginant la scène. Mes muscles se détendent automatiquement. Comme c’est beau d’être si légère et de valser sur le rythme du plaisir et de la jouissance !
À ton tour tu peux rédiger avec tes propres mots une lettre de rupture avec tes peurs pour leur donner symboliquement une forme et savoir exactement contre qui tu te bats pour sortir gagnante et triompher sur ton vaginisme.
