Nos croyances ont une grande influence sur notre vie. Elles dirigent nos actions et créent fatalement nos résultats.
Malheureusement, le vaginisme est souvent attaché dans la culture magrébine au tkaf, tasfih ou cadenassage.
Alors que veut dire ce mot ? Comment a-t-il une incidence sur la sexualité de beaucoup de femmes arabes ? Quelles sont les différentes solutions à cet obstacle ?
Le tkaf ou tasfih est un mauvais sort jeté à une personne pour qu’elle ait toutes les entraves envisageables dans sa vie. Il opère un véritable verrouillage sur le champ des perspectives positives, laissant ainsi la porte grande ouverte pour les problèmes de toutes catégories confondues.
On associe souvent les difficultés charnelles dans le couple à ce concept : pour les femmes cela se traduit par une fermeture de son périnée (vaginisme). Pour l’homme ça peut être une impossibilité d’érection et donc l’acte sexuel ne sera pas conclu.
Je me rappelle quand j’étais au nord du Maroc, je passais un moment chez une tribu éloignée. Là-bas ce genre de croyances est tellement ancré qu’on ne pourrait jamais rêver de leur changer de vision ! Il y avait une fois un mariage. Comme à l’accoutumée, les festivités pouvaient durer sept jours. Pendant tout ce temps, le pauvre homme n’a pas pu assurer et avoir une érection durant ses noces et tout le monde avait crié au tkaf. Alors il fallait effectuer quelque chose pour l’annuler et la pratique consistait à mettre une bassine sous les jambes de la personne et ramener un type de métal eldoun, le plomb qu’on fait fondre puis on le pose directement à l’eau froide sous la victime comme pour éteindre la force du mauvais sort jeté. Pour notre pauvre monsieur, une fois le métal dans l’eau cela a créé une sorte d’explosion vu qu’il ne portait pas de culotte toute la matière chaude lui a collé immédiatement sur ses parties génitales et il a eu des brûlures sévères devenant ainsi la risée de tout son douar ! Les croyances erronées peuvent mener à des extrémités insoupçonnées !
Les différents moyens pour faire du tkaf
Durant mon enfance, j’entendais souvent que la nuit de noces avait lieu juste après la cérémonie et que les invités devaient attendre le pantalon taché de sang, preuve de la pureté de la mariée. Je trouvais cette pratique tout à fait barbare !!!
Où est l’intimité ? Comment avec tout ce monde qui guette dehors la jeune épouse pourra-t-elle se détendre ?
Je plaignais celles qui ont dû passer par là. Dieu merci, cela fait partie d’une époque révolue qui était en lien avec un manque d’éducation et de civilisation. Ce n’est plus le cas maintenant sauf dans certaines régions très reculées. Si dans cette nuit-là, l’acte charnel n’était pas conclu, on criait au tkaf et c’est devenu inhérent à une sexualité défaillante dans la culture populaire.
Parmi les moyens spécifiques employés dans ce sens, on trouve surtout le cadenas, car c’est le symbole de la clôture par excellence.
Si les jeunes mariés pensent qu’on a utilisé cela contre eux, quoi de plus normal que la pénétration n’aboutit pas avec une telle croyance !
Il y a des mères qui, pour préserver la chasteté de leur fille, procédaient elles-mêmes à ce qu’on appelle tasfih ou tkaf. Les méthodes varient, mais le résultat est le même : fermeture du vagin. Pour ces personnes, l’hymen de leur progéniture doit rester intact, car l’honneur de la famille repose sur ses frêles épaules, et ce depuis son enfance ! Son périnée, qui constitue sa carte mémoire, enregistre tout et opère une vraie barrière pour obéir à la loi de son entourage, ce qui se traduit par le vaginisme.
Parmi ces méthodes on trouve : tkaf avec la hache des héritiers, tasfih au métier à tisser, ou bien aux oiseaux, sinon aux scarifications.
Pour le tasfih au métier à tisser, la fille mange une datte ou du raisin sec et enjambe la partie inférieure du métier à tisser et prononce solennellement la formule magique : — (Je suis un mur et le fils d’autrui est un fil) 10 . Cette action doit être renouvelée sept fois avant de dire que la personne est (fermée). Après, elle sera impénétrable et celui qui tentera de l’approcher sera impuissant. On attendra la veille des noces pour procéder à l’ouverture par un nouveau procédé.
Il y a une autre façon de réaliser tasfih à savoir les scarifications. Elle consiste à opérer sept incisions sur le genou gauche de la petite. Elle prononce la formule magique :
— (Sang de mon genou, ferme mon trou !)
Quoi de plus logique qu’avec une pareille conviction reliée à un ancrage si puissant et en bas âge, que la fillette soit une vraie vaginique ! Instrument sexuel pour son conjoint, car le terme plaisir ne fait pas partie de son univers. Elle peut échapper à cet état de choses, si le partenaire par miracle l’initie au monde de la jouissance charnelle et qu’il possède assez d’ouverture d’esprit pour vouloir la satisfaire. Malheureusement, dans la société machiste, beaucoup d’hommes une fois son orgasme atteint, cherchent rarement celui de leur compagne. Quand j’étais plus jeune, j’entendais des épouses qualifier la sexualité de devoir conjugal et je notais une certaine moue de dégoût au moment où le sujet est abordé, c’était très clair que ces personnes-là n’appréciaient pas du tout le sexe et qu’elles le considéraient de la même manière que toute autre responsabilité qui leur ait incombé comme le ménage ou une corvée de laquelle elles se passeraient volontiers ! Aujourd’hui, avec l’émancipation de la femme et l’ouverture d’esprit des hommes, cela également commence à changer. Je vois chez plein de de coachées que j’accompagne que leurs maris-ceux qui viennent des cultures assez machistes aussi- cherchent désormais la satisfaction de leur épouse par tous les moyens, car ils ont finalement compris qu’une sexualité épanouie concerne les deux partenaires et si elle aime le côté charnel, il va profiter au maximum !
Tkaf et les raquis des pratiques répandues
Beaucoup de femmes vaginiques pensent directement au tkaf, marbout ou tasfih[1] comme cause de leur difficulté à être pénétrées. Donc ce n’est pas de leur faute, quelqu’un leur a fait du mal en leur jetant un mauvais sort, les empêchant ainsi de jouir de leur droit aux fantasmes de leur rêve.
Par conséquent, elles se déchargent de toute responsabilité, ne prennent pas les choses en main et délèguent leurs vies à quelqu’un d’autre !
C’est là que les Raquis (hommes dont le métier est de lire le coran dans l’intention de délivrer la personne de tout sortilège ou simplement lui donner la paix de l’âme) interviennent. Ces dernières années, ce métier a pris de l’ampleur et il est devenu très populaire ; une anecdote arabe dit qu’actuellement, il y a plus de raquis que de Djinns. Il n’y en aura pas pour tout le monde !
Je tiens à préciser qu’il y a des raquis qui sont tout à fait honnêtes et effectuent leur travail pour l’amour de Dieu. Ils propagent sa parole pour soulager des âmes en détresse. Tandis que d’autres ont en fait un business très lucratif et se soucient peu du bien-être des personnes qui viennent les voir.
Ma mère avait fait une forte dépression liée au syndrome d’Ekbom ou délire de parasitose. C’est une pathologie rare caractérisée par la certitude inébranlable d’avoir une peau infestée d’insectes ou de parasites. Ma mère déteste ce terme même si j’ai trouvé le diagnostic de sa maladie, elle reste convaincue que son corps est habité par des Djinns à savoir des créatures surnaturelles et donc c’est vers les raquis qu’il faut se tourner. Elle a rejeté tous les médicaments et médecins qu’on a consultés, elle a vu énormément de raquis sans résultat. Elle a une croyance ancrée qui dit que les douleurs insupportables qu’elle ressent sont dues à un mauvais sort, on a beau la raisonner, mais c’est une peine perdue. Elle est partie chez un raqui. Sa secrétaire lui a demandé de payer à peu près 50 euros avant d’entrer. Une fois à l’intérieur, elle se trouve avec beaucoup d’autres femmes. Le monsieur commence à lire le coran pour tout le monde, rien de spécifique pour l’une de ses clientes, traitement identique pour toutes et en dix minutes c’est bon vous pouvez disparaître. L’homme se fait plus d’argent qu’un médecin spécialiste et il détient la potion magique pour tous les maux !!
Je suis partie un jour avec elle chez un autre raqui. J’étais enceinte, il y avait deux secrétaires tellement antipathiques. Elles m’ont demandé de payer à l’avance chose que j’ai faite. Dans la salle d’attente, on entendait la lecture du coran et les cris bizarres de femmes à l’intérieur pour créer la légitimité de leur pratique. Quand notre tour est enfin arrivé, elles m’ont obligé de mettre un haillon et m’envelopper de la tête au pied pour être la plus laide possible ; sir ne doit pas être déstabilisé sachant bien que j’étais enceinte au neuvième mois et bien couverte.
Ma mère même étant à l’âge de sa propre maman ne devait pas rentrer seule, aucune femme d’ailleurs, elles doivent toutes être accompagnées, monsieur tient avant tout à sa réputation ! Notre tour arrive, elle commence à lui parler de ses symptômes et moi aussi. C’était un jeune homme qui avait des regards fuyants et il nous écoutait d’une oreille distraite de toute façon le traitement est identique pour tout le monde !
Il lui demande d’aller s’installer au fond de la salle et en dix minutes à peine de lecture du coran, c’était la fin ! J’étais extrêmement dégoûtée. Des personnes impitoyables qui se foutent pas mal de la souffrance des autres, ma pauvre maman aurait pu le suivre, lui s’il avait pris le temps de lui dire : —Madame vous n’avez aucun Djinn, votre problème est psychologique. Mais non, il n’en fit rien de toute façon, sa santé et son mal-être ne l’intéressent pas, l’essentiel est bien sûr l’argent ! Sa dépression chronique a duré plus de deux ans et elle évoquait le suicide alors qu’elle est très croyante. Les psychologues chez qui on l’a accompagnée ne prenaient pas aussi le temps de bien parler avec elle, c’est direct antidépresseurs et on se voit plus tard !
Je suis même allée avec elle chez un hypnothérapeute qui paraissait complètement dépassé par son état et au moment où il a terminé sa séance, il m’appelle pour m’expliquer qu’il n’a pas réussi à accéder à son subconscient, sachant bien que la séance était assez chère ! Quand j’ai commencé à lui parler pour comprendre, ma mère crie : —Kawtar, on doit partir et elle lui lance : —Elle allaite, sa fille l’attend ! C’était très clair que ce qu’il a fait avec elle avait zéro résultat et qu’elle a considéré cela comme pure perte de temps et d’argent !
Ma maman est le prototype de beaucoup de femmes traditionnelles arabes. C’est une personne qui n’avait pas installé le terme plaisir dans sa vie ni le système de récompense. Elle était toujours orientée servir les autres et quand il s’agissait de sexualité, même si elle n’en parlait pas ouvertement, mais c’était une réelle répulsion : elle lâchait souvent : —Les hommes sont avides et sales ! Quand elle se brossait les cheveux ou se douchait c’était une sorte de punition c’est comme si elle se flagellait, on dirait qu’elle allait à chaque fois s’arracher la chevelure sans aucune pitié et l’amour de soi chez elle était inexistant. J’ai une relation très fusionnelle avec ma mère et je pense que mon vaginisme vient aussi du fait que j’avais enregistré à travers son langage corporel que la sexualité est dégoûtante. Mais là avec le recul, je sais que ce qui lui est arrivé est la conséquence naturelle de sa vision du monde.
Ces dernières années, il y a eu de graves problèmes dans la famille et à chaque nouveau cas, elle vivait un état de stress et d’anxiété hors norme et avec le cumul, son corps a fini par faire beaucoup de réflexes : c’était des maladies successives, une sorte de mode d’alarme que son cerveau avait mis en place pour lui dire de modifier ses réactions, de changer ses perceptions et de contrôler ses peurs tellement toxiques, car son esprit en avait marre de souffrir, mais en vain !
Les maux du corps sont les mots et les paroles de l’âme et si on n’écoute pas, les réponses de notre système deviennent de plus en plus violentes.
Elle acceptait à contrecœur de partir avec nous chez des professionnels de santé à savoir qu’elle ne leur faisait aucune confiance, la conséquence est qu’elle rejetait le traitement et trouvait rapidement des excuses pour ne pas continuer. Elle espérait un remède miracle et son guérisseur doit forcément être un fquih ou un raqui.
Beaucoup de femmes qui ont le vaginisme empruntent la piste du tkaf et vont chez des raquis, des fois mêmes des voyantes et perdent des années allant de l’un à un autre sans résultat.
J’ai eu affaire à des personnes qui avaient perdu cinq ans, sept ans et même dix ans ! En suivant cette piste semée d’embûches. La dernière femme à qui j’avais parlé m’a dit qu’elle est vaginique depuis dix ans et qu’elle a consulté tous les raquis possibles sans résultat. Le dernier a fait preuve d’humanité et lui déclare : — Madame votre problème est d’ordre psychologique. Allez consulter un professionnel, vous avez perdu assez de temps comme ça !
Certains raquis sont devenus de vrais criminels c’est le cas de l’une de mes coachées Nezha, elle s’est mariée deux fois. La première relation a résisté un an et demi au vaginisme et son époux a demandé le divorce. Pour sa deuxième union, elle a décidé de tout faire pour ne pas revivre un second échec. Elle avait épuisé les solutions médicales avec sexologue psychologues et dilatateurs vagiwell pour aucun résultat, alors elle s’est tournée vers les raquis. Elle m’affirma qu’au total durant ses huit ans de mariage elle a dépensé à peu près 10000 euros. Je lui ai demandé pourquoi la somme était si élevée, elle me déclara que les raquis réclamaient en moyenne 1000 à 1500 euros, mais le dernier était le pire de tous, il a imposé 2000 euros avec un traitement spécifique : il a proposé de lui faire la dilatation avec son pénis, il va faire des écritures dessus et la même chose sur son vagin et procéder à la pénétration, il a exigé huit séances, c’est le comble du charlatanisme ! La dame me rapporte : — C’est une fille de dix-huit ans qui m’a donné le contact, elle était vaginique et elle a pu guérir grâce à lui !
J’ai insisté auprès de Nezha pour voir s’il y a possibilité de le dénoncer puisque c’est un criminel qui profite de la détresse des femmes pour abuser d’elles. Hélas, dans ce type d’affaires il faut des preuves, le désespoir peut ouvrir la porte béante à des comportements perfides surtout quand l’individu a vendu son âme au diable, ce qui est tellement contradictoire. Un raqui est supposé être le représentant de la foi, un homme de religion qui aide et guide spirituellement les fidèles non les mener tout droit à l’enfer terrestre avec des remords qui vont consommer la personne qui s’adonne à ce genre de pratiques barbares.
Le coran et les différents discours religieux, des solutions accessibles à tous
Le coran est le livre sacré de dieu. Il est là pour soulager les gens, les mettre en lien direct avec lui créateur de l’univers.
On n’a pas besoin d’un intermédiaire pour aller à sa rencontre et c’est valable pour toutes les religions du monde : — Demandez et vous recevez !
Dieu est amour, bonté et miséricorde. Il nous accueille à bras ouverts, il nous aime plus que nos propres parents. On a beau commettre des péchés. La porte du repentir et du pardon reste ouverte, alors que nos proches à un certain degré d’erreurs, ils peuvent se lasser !
Si dans le pire scénario, la personne pense être victime du tkaf- ce qui est extrêmement rare- les solutions sont dans le livre sacré qui est à sa portée. Elle peut faire sa propre rokya, c’est une lecture spécifique de certains versets coraniques. Penser à dieu et lui demander de l’aide. Aspirer à cette connexion avec le créateur qui est salvatrice et éloigne tous les maux.
Pour se protéger, on peut lire sourate al fatiha, al falaq, sorat al nass et al kursi avec ferveur matin et soir. Ce sont des versets très courts, mais leurs bénéfices sont extraordinaires.
On peut mettre aussi à la télévision ou radio sourat al lbaqara ou rokya pour purifier la maison, mettre aussi une bouteille d’eau ouverte avec la lecture du coran car oui les particules de l’eau ont une mémoire et peuvent avoir des vertus guérisseuses si les bons mots sont prononcés. Donc attention à ce que vous dites quand vous voulez manger ou boire car vous pouvez vous introduire du poison, avec vos paroles et même vos pensées. Vibrez vers le positif et vous l’aurez !
Une fois rokya terminée, prenez la bouteille, après une douche, versez-la sur votre corps mais cette eau doit tomber dans une bassine pas dans les égouts. Arrosez avec des végétaux puisque religieusement c’est une eau sainte où le coran a été lu. Par respect pour ses particules purifiées, il faut la mettre sur des plantes vu qu’elle contient une belle énergie.
Il existe une autre solution, le sel dur rocheux, on le conseille souvent puisqu’il enlève les ondes négatives. Il était considéré dans l’antiquité comme un bien précieux on l’utilisait comme offrande aux dieux et dans les sacrements religieux. Sa valeur monétaire était égale à de l’or ! On continue à en user de nos jours pour éloigner la négativité et chasser les esprits maléfiques. Il est fortement conseillé de purifier la maison tous les deux mois se débarrasser des objets anciens non utilisés afin de laisser de l’espace énergétique pour la nouveauté. Tout ce qui stagne apporte des ondes négatives avec lui. Vous pouvez mettre le sel dans les coins de la maison et le renouveler chaque mois sinon faire le grand ménage avec le sel ce qui peut être bénéfique pour l’énergie ambiante dans votre foyer.
Il y a aussi massage à l’huile d’olive avec l’Haba sawda à savoir graine de nigelle qui est très répandue dans la culture arabe.
Je tiens à préciser que quel que soit la confession de la personne musulmane, chrétienne ou juive. Le dieu est unique pour tout le monde. La connexion avec lui est ouverte à tous, il suffit d’aller à sa rencontre. Et surtout de croire en lui. Il est omniscient et omniprésent.
Alors une fois ces possibilités écartées, occupez-vous de votre vaginisme, faites-vous accompagner pour aller en profondeur et régler les nœuds psychologiques qui ont pu causer cette fermeture à votre insu !
Mon histoire avec tkaf
J’ai vécu le vaginisme pendant un an et demi. J’ai eu mon lot de déception et d’incompréhension, car à un moment donné, j’ai épuisé les solutions médicales avec quatre gynécologues, une sexologue et une psychologue et je n’avais aucun de résultats.
Un jour, je suis partie chez une psychologue. Quand je lui ai exposé ma situation. Elle m’a regardé avec un air désarmé et elle réplique : —Que veux-tu que je fasse pour toi ? J’étais si ahurie que je lui réponds : —Proposez-moi des pistes de délivrance ! Elle soupire, prend son ordonnance et note des antidépresseurs, j’avais directement par la suite jeté son chiffon à la poubelle. Je ressentais un mélange de colère, de tristesse et de dégoût. Que vais-je devenir maintenant ? Le désespoir s’est installé donc je me suis métamorphosée en une proie facile à toutes les autres possibilités saugrenues !
Premier contact avec le monde surnaturel
Je suis partie un jour chez mon frère. Je ne savais pas qu’un raqui allait venir afin de purifier la maison.
Il a débuté à tranquillement la lecture du coran, jusqu’à ce que l’une de mes sœurs lui chuchote à l’oreille que telle fille n’a pas pu consommer son union et elle est toujours vierge après un an et demi de mariage !
Les yeux du raqui brillaient de mille feux, enfin une proie qui en vaille la peine ! Il a commencé à prononcer des versets spécifiques avec une voix caverneuse et un ton qui ferait taire les plus sceptiques. Il m’ordonne de me mettre debout en répétant certains versets, j’avais l’impression qu’il s’adressait au djinn du vagin qui était en moi. Son ton devient plus fort, un vrai tonnerre qui menaçait de me réduire en mille morceaux si je n’adhérais pas à son monde. À un moment donné, ses yeux sortirent de leur orbite et il dit à mon petit djinn : —Sors ! Il m’a tellement fait peur que j’ai commencé à pleurer et trembler, limite j’allais m’évanouir ! La mise en scène était à son paroxysme. Je tombe sur un fauteuil, complètement effondrée et lui ne me lâche pas répétant sans cesse des versets coraniques en ordonnant à mon djinn de me laisser en paix !
Finalement, très satisfait de son exploit, il déclare fièrement : —Cette fille est possédée, on lui a jeté un mauvais sort. Non-monsieur, cria une voix en moi : cette demoiselle est terrorisée, vous lui aviez foutu la trouille de sa vie ! Pour moi c’était l’incarnation d’un film d’horreur. Je suis du genre qui ferme les yeux quand le vampire attaque subitement, alors avec la séance d’hypnose visuelle qu’il m’a faite, imaginez l’impact !!
Comble du charlatanisme. Là devant nous, il appelle sa collaboratrice en veillant à mettre un haut-parleur. Il nous apprend qu’elle est possédée donc elle a une forte connexion avec le monde de l’au-delà. La gentille dame le supplie au début de la laisser tranquille puis après quelques versets, sa voix change et devient moqueuse et enjouée, un vrai épisode de l’exorciste ! Elle affirme que oui je suis possédée, la conversation était désormais entre mon djinn et le raqui. Il lui demande : —C’est bien toi qui lui as mis l’obstacle pour qu’elle ne puisse pas vivre normalement son mariage ? Le djinn répond : —Bien sûr c’est obligatoire. Notre homme lui ordonne à la fin de me laisser en paix sinon il va le lui faire payer. Mon djinn apeuré promet de s’en aller et notre héros du jour a pu pratiquer l’exorcisme par téléphone, un raqui trop moderne !!
Autour de moi, tout le monde me jetait des regards de pitié, la pauvre ! Sa vie sexuelle va être vraiment très compliquée, les djinns s’y sont mêlés et ça risque de durer.
J’ai commencé à penser la même chose avec l’ambiance à l’appui. Tous les ingrédients étaient là pour faire de moi la victime par excellence ! Donc ce n’est pas de mon ressort ni de ma faute si je n’arrive pas à disposer de mon propre corps. Raqui va me trouver la solution pour ce vaginisme qui a gâché ma vie ! J’étais soulagée en quelque sorte.
Il a affirmé que j’aurais besoin de beaucoup de séances pour me libérer une bonne fois pour toutes de cette emprise. Un élan de rébellion s’élève en moi. Je pensais la société a son mot à dire sur ma sexualité, la famille, la religion et là l’au-delà, c’est bon je capitule !!
Une fois que j’ai quitté la maison de mon frère, mon esprit analytique reprend le dessus, mes émotions se sont peu à peu dissipées et j’ai commencé à voir les choses en face. C’est un vrai délire, je ne vais pas mettre mon existence entre les mains de telles individus, ce n’est pas ma réalité et je ne veux pas que ça le devienne ! Je ne souhaitais plus jamais avoir affaire à ce charlatan, j’ai déterminé d’élargir le champ des possibilités. Si les spécialistes ici n’ont pas pu m’aider, j’irai au-delà des frontières pour trouver la solution. J’ai commencé à naviguer sur internet et là, j’ai trouvé la solution qu’il me fallait, un programme de guérison du vaginisme qui a libéré énormément de femmes à travers le monde. J’ai pris ce remède, j’étais guidée par une merveilleuse personne Gracy Salé, une véritable perle de douceur et de bienveillance. J’ai pu en finir avec le problème après un mois et demi et je me suis découvert un don du ciel : l’accompagnement en guérison du vaginisme. J’ai réussi à secourir plein de monde à mon tour, c’est une vraie mission de vie. En étudiant le coaching, PNL, et psychothérapie, j’ai découvert à quel point cette discipline est passionnante. J’ai commencé à travailler dans le domaine et j’ai pu mettre en place des choses comme le questionnaire et l’appel de démarrage ainsi que des formulaires de fin de pilier pour faire le point et une sorte d’évaluation de ses acquis puisque je suis formatrice, mes connaissances pédagogiques je les ai mises au service de cette mission, des audiovisuels, des hypnoses, des visualisations guidées, des exercices techniques concernant la première pénétration et l’utilisation des dilatateurs. Il y avait aussi les Lives qu’on faisait à quatre avec Sarra Madani, Annisa et Gracy qui font désormais partie du programme car ils sont riches en informations et ont libéré beaucoup de vaginiques. Ces vidéos en direct on les faisait par bonté de cœur, malgré la distance géographique entre nous quatre, mais notre relation était très solide, on s’aimait beaucoup mutuellement et on aspirait à aider un maximum de personnes à travers notre présence sur les réseaux. Que les femmes soient dans le projet ou pas, on voulait vraiment les voir délivrées de ce fardeau. J’ai beaucoup collaboré avec Gracy pour la création de contenus qui étaient nécessaires à l’avancée de nos filles, on a même commencé à donner des coachings de groupe à deux. C’était exceptionnel, on a eu énormément de rémissions ! Les idées venaient les unes derrière les autres, il y avait des moments où cela me tenait éveillée la nuit, tellement j’étais désormais habitée par ce besoin de soulager ces âmes en détresse, la guérison de chacune d’entre elles est sincèrement la mienne et je suis transportée de joie à chaque fois ! Je crois que je continuerais longtemps à le faire, car libérer les femmes, leur donner accès à leur corps, les voir épanouies est une bénédiction pour moi.
J’ai su par la suite que notre raqui était devenu fou, schizophrène (pas dans le sens figuré) car il était polygame. On raconte que ses épouses, par excès de jalousie, lui ont jeté un mauvais sort. Chimère ou réalité, la vérité reste ailleurs !
